31.03.2009

Peugeot 205 : à quitte ou double …

La success story à la sauce PSA

En France, en 1983, la 205 apparaît. Icône des années 80, son succès populaire a rendu jaloux plus d’un contrôleur de gestion. Jeunes, seniors, hommes, femmes, des villes ou des champs, de Neuilly à Bobigny, ses milles facettes sont à l’image de la diversité française.

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La 205 est la voiture de la dernière chance pour Peugeot, empêtré dans des difficultés financières. Le cahier des charges est simple, la 205 doit être compacte et mignonne comme la R5, mais doit avoir la qualité de la golf. A sa sortie, la 205 GL n’a pourtant rien de révolutionnaire, ce n’est pas le style de la maison. Des recettes éprouvées (moteur XU), un équipement basique sous une ligne moderne mais consensuelle, des prix contenus. Bon suiveur, le Lion va concevoir une gamme large (moteur diesel, GTI, cabriolet), un plan marketing ambitieux (rallye, rallye raid), une présence internationale, des partenariats judicieux (Roland Garros, Lacoste). Une recette qui 20 ans plus tard fera aussi le succès d’une certaine 206...

La voiture du peuple

En Entrée de gamme, citons la GL, puis la junior et ses sièges en denim. Un moteur agréable, mais un équipement ultra basique (les premières Junior n’ont même pas le dégivrage de la lunette arrière), voire pingre. Elle reste la première voiture pour beaucoup d’entre nous, la voiture des copains et des copines.

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Le ralenti chaotique de son moteur XU et ses démarrages capricieux ont presque inventé le coup de la panne, ses sièges étroits ont accueilli bien des amours de jeunesse, Sa tenue de route a su préserver des sorties de route les retours de soirées de nos conducteurs débutants. Le pouvoir d’achat de papy - mamy et leur générosité a donné la liberté à plus d’un piéton !

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Cuore Sportivo

L’engagement couronné de succès en 1985 et 1986 dans un championnat des rallyes à son apogée va permettre à la 205 d’entrer dans l’histoire. Dirigé par Jean Todt, l’équipe PTS s’entoure des meilleurs pilotes du moment pour entrer dans la cours des Groupes B. Comme à son habitude, le Lion va reprendre les recettes de ses adversaires à son compte pour épicer la placide 205. Des Audi Quattro, elle reprend la traction intégrale, des R5 turbo 2 et Lancia 037 le moteur central arrière. La puissance dépasse les 400 cv et il fallait aux pilotes un certain sang froid pour rouler à 200 km/h dans les forêts de Finlande.

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A la mort du groupe B, l’aventure continue sur le Dakar, qui en 1987 est à l’apogée de son succès, et sur la course de Pikes Peak. Elle sera Remplacée par la 405 en 1989.

En pleine période « GTI », ces succès en compétition vont pousser la 205 GTI sur le devant de la scène. Jusqu'à 130 cv, un look d’enfer (jantes 15’, élargisseurs d’ailes…), des performances et une tenue de route encore d’actualité, la 205 version GTI va tailler des croupières à la pionnière Golf GTI, transformant ses conducteurs en Ari Vatanen junior.

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Une vraie gamme va être proposée, de la Turbo 16 client (nécessaire à l’homologation), à la 205 rallye (version sport dépouillée « prête à courir ») en passant par la désirée « Griffe », sans compter les multiples versions préparées, par l’usine ou des indépendants.

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Pour beaucoup c’est la voiture du premier 200 km / h, au son de Aha ou Etienne Daho, pour d’autres les débuts en sport auto. Malheureusement, l’image sportive n’est plus vendeuse en 2009, et il est bien difficile de retrouver ces gènes dans la 207 RC.

La voiture de madame est avancée…

Au fil des années la gamme s’élargit, et des modèles premiums font leurs apparitions. Tout d’abord dans des séries spéciales (Lacoste, Green, Gentry…) qui vont devenir par la suite des finitions à parts entières. Ainsi la 205 Roland Garros verte métallisée intérieur Cuir beige va envahir les rues ombragées de Neuilly. Les stéréotypes des années 80 font peut être sourire aujourd’hui, mais le comble de la réussite était de se retrouver pour pratiquer golf, tennis ou ski. Et si Monsieur s’affiche au volant de sportive italienne ou allemande, Madame va au club house en 205 cabrio…

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L’hymne de nos campagnes…

Dès le début de sa conception, il est acté qu’un moteur Diesel sera implanté dans la 205. Encore une fois le succès va être au rendez vous, surtout dans nos campagnes. Le gros 1.8 D assure des performances honorables et l’agrément de conduite est préservé. L’adjonction d’un turbo va donner naissance au premier diesel « sportif », dans ce domaine PSA est précurseur.

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Conclusion

La 205, c’est un sacré souvenir, pour tout ceux qui l’ont conduite, ou la conduisent encore ….


19.02.2009

Haut de gamme français : orgueil et préjugés, ou les raisons d’un échec 2/2

Les écueils Franco-français

Une fiscalité défavorable, un constructeur nationalisé, un réseau autoroutier développé sur le tard, une culture du luxe reniée, n’ont jamais poussé l’essor de l’automobile d’exception en France.

Citroën : La crise pétrolière

Jusqu’en 1965, la DS représente dignement le haut de gamme, malgré l’absence de mécaniques plus huppées. En 1968, le prometteur rachat de Maserati va mettre en difficulté Citroën. Les lourds investissements pour la SM, Cx et le choc pétrolier vont précipiter la faillite de la marque qui sera rachetée par Peugeot.
Bien que disposant d’une image valorisante (le confort Citroën), des erreurs stratégiques n’ont pas permis de s’imposer :
- la SM n’a pas trouvé son public : pas assez sportive pour les passionnés, moins économique et pratique qu’une DS, le premier choc pétrolier a sonné le glas de cette GT. Citroën ne s’aventurera plus ce secteur. Pourtant, aujourd’hui les Coupés Audi A5, BMW série 3, Mercedes CLK, voire Peugeot 407 et Laguna Coupé donne raison à la démarche de Citroën.
- L’échec de la XM : attendu après 15 ans de Cx, la XM a déçu
- L’abandon du segment après la XM a fait fuir les derniers clients, et la nouvelle C6 en a fait les frais
- Des errements stylistiques de 1990 à 2000 ont beaucoup nuis à l’image de marque,
- Le manque de fiabilité (usine à gaz) est devenu pénalisant dans les années 80 et 90 face aux japonaises et allemandes
- Le manque de motorisations puissantes.

Peugeot : le luxe, c’est pour les autres

C’est connu, la firme sochalienne n’a jamais eu de prétention dans ce domaine. Cependant, le palmarès sportif aurait pu permettre la création de modèle premium, comme Mercedes l’a fait avec AMG qui est maintenant une gamme à part entière. L’échec de la conquête du continent américain va pousser Peugeot à se développer sur d’autre marcher ou les modèles plus populaires sont recherchés.

Renault : des voitures à vivre ?

Pour Renault, le sujet est plus complexe, dus principalement au statut public de l’entreprise. Sur le segment du luxe, une multitude de raisons, cumulées peuvent expliquer cet échec :
- Une mauvaise image : l’après guerre, pour Renault, c’est la nationalisation et les voitures populaires, alors que l’avant guerre c’était les Reinastella pour les présidents français. Jusqu’en 1975 ou Renault sort la R30, puis la R25, et la Safrane. L’utilisation des R25 va redorer le blason du losange sous l’ère Mitterand. Cependant Renault n’arrivera jamais à se défaire de son image de voiture populaire.
- Une mauvaise utilisation de la F1 : les succès de Renault en F1 n’ont jamais était utilisé comme vecteur de promotion de véhicule de luxe, comme Lotus, Ford, Porsche, Ferrari.
- Un cannibalisme entre modèles : la création du Renault Espace, le rachat de Nissan (inclus Infinity) ont réduit les chances de succès pour un haut de gamme Renault.
- Des motorisations poussives, sur des voitures lourdes.
- Des erreurs stylistiques (Vel satis) et des problèmes de fiabilités / qualité de fabrication qui sont primordiaux dans ce segment

Les autres constructeurs

- Facel Vega : les réticences politiques à adopter un moteur étranger et la fragilité de l’entreprise, les premières difficultés financières ont conduit à la faillite
- Alpine : rachetée par Renault, la marque a disparu pour la remplacer par Renault Sport.
- Matra : malgré son palmarès et son innovation, Matra n’a jamais pu s’affirmer comme constructeur à part entière, et a fini dans l’oubli avec la fermeture de l’usine de Romorantin.
- Panhard : Rachetée par Citroën en 1965, cette firme s’est concentrée sur le militaire
- Talbot : Venue avec le rachat de Simca / Chrysler en France, l’échec de la Tagora fermera la page Talbot
- Venturi : encore des raisons financières, l'investissement pour créer un image dans le luxe a eu raison de l'aventure Venturi

Conclusion

Aujourd’hui, les constructeurs français sont les champions des petites voitures, et malheureusement on perdu la bataille du haut de gamme. Les chiffres sont sans appel, même sur le marché national. 235 cv, c’est la puissance de la Vel Satis V6, ce qui ce fait de mieux en France, cela résume le problème. Comment repartir la à la conquête des segments moyen-supérieurs et supérieurs, seuls capables de maintenir l’emploi en France ? Sauront-ils tirer les enseignements du passé ?

17.02.2009

Haut de gamme français : c’est l’histoire d’un gars… 1/2

1945 – 1955 : la reconstruction

La guerre a laissé des traces, et entre les restrictions (essence, pneus…) et l’appareil industriel détruit, la reprise est difficile. Les Bugatti, Delahaye, Hotchkiss, Delage ne sont pas en mesures de créer des nouvelles voitures qui ne sont que des évolutions des modèles d’avant guerre. Citroën joue les prolongations avec sa traction. Il ne faudra que quelques années pour voir tous ces constructeurs disparaître à jamais. Les clients fortunés restant se tournent vers les productions américaines, nettement plus modernes.

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Les conditions économiques ne permettent pas la résurrection du lustre passé. La voie est ouverte pour les modèles populaires comme la 2CV, la 4CV et la 203.
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1955 – 1965 : Facel Vega

Le succès des petits modèles générateur de trésorerie permet à certains d’étendre leur gamme vers le haut. La sortie de la mythique DS qui remplace la traction, Simca et sa Versailles - Régences aux accents américains, Renault et sa Frégate.
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Jean Daninos crée ses Facel Vega à moteur Chrysler, qui sont pour beaucoup les dernières vraies représentantes françaises du luxe. Mais les contraintes politiques et fiscales ont conduit Facel Vega à la faillite.
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Jean Rédélé crée Alpine et commence à concevoir des petit modèles sur base Renault, de manière artisanale (Alpine A106).
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1965 – 1975 : le renouveau ?

A l’aube des années 70 le vent semble enfin tourner. Les victoires de Matra en formule 1, d’Alpine en rallye et le rachat de Maserati par Citroën redorent enfin l’image de l’automobile française. La DS est restée seule aux commandes, portée par sa technologie, et ses exploits au service du Général de Gaulle.
Citroën sort sa SM à moteur Maserati, malheureusement le choc pétrolier et la faible demande de coupés plus conforts que sports fermera les portes d’une grande carrière. La Berlinette A110 devient mythique au fil de ses victoires, et Alpine crée la A310 pour concurrencer les Porsche 911. Matra dévoile aussi la 530 aux solutions innovantes.
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1975 – 1985 : le chant du cygne

Le développement des autoroutes, de la concurrence, la crise pétrolière poussent les constructeurs nationaux à rationaliser leur production pour répondre aux besoins grandissants. Peugeot et Renault développent le V6 PRV et l’installent dans la 604 et la Renault 30. Citroën abandonne Maserati et sort la Cx. Matra fait les frais de la crise mais Alpine continue son chemin sous l’aile bienveillante de la régie Renault. A la fin de leurs carrières, les Alpine A310 V6, Cx turbo 2 et R25 turbo sont des alternatives sérieuses aux productions allemandes.
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1985 – 1995 : les déboires de PSA, la mort d’Alpine

Le rachat de Citroën par Peugeot et les déboires de Talbot mettent le groupe en difficulté et ne donnent pas de successeurs aux Cx et 505, abandonnant le haut de gamme. Renault, multiplie les versions de la R25 et sort la Safrane en 1992. PSA tarde à sortir la XM et 605 avec à la clé de nombreux problèmes de fiabilité. L’image de la DS est bien loin et ces voitures peineront à bien se vendre.
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Alpine continue à développer sa gamme avec l’Alpine A610, en concurrence des Porsche 911 et autre Lotus Esprit. Hélas, progressivement abandonnée de Renault, la marque disparait en 1995.
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Encore une fois, un groupe de passionnés crée une nouvelle marque Venturi en 1984, et sort son premier modèle en 1992. Bien que possédant toutes les qualités requises, Venturi arrêtera sa production en 1999 après environ 300 exemplaires.
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1995 – 2005 : la bataille est perdue

Le marché des berlines supérieures est en perte de vitesse, face aux monospaces, SUV. Peugeot tarde à remplacer sa 605 par la 607, Citroën ne remplace pas la XM et Renault décide d’une réponse décalée avec les Vel Satis et Avantime. Venturi et Alpine ont disparu. Les voitures de luxe françaises ne sont plus qu’un lointain souvenir…
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