05.02.2009
Grenelle de l'environnement
Le Grenelle de l'environnement s'est achevé : retour sur les mesures, les résultats attendus ...
SYNTHESE DES PROPOSITIONS
La proposition phare est bien sur le fameux bonus - malus, qui par un mécanisme simple et auto alimenté récompense les automobilistes et puni les pollueurs. Un système qui doit devenir plus sévère au fil du temps pour atteindre les objectifs de réduction des émissions polluantes. Cependant devant les nombreuses zones d'ombre, on se demande parfois si on n'a pas confondu vitesse et precipation.
LES BONS POINTS
Des bons points sont à distribuer :
- La prise de conscience de l'opinion publique. Dans une démarche qui ne peut fonctionner que si elle est collective, l'impact du Grenelle est indéniable. Globalement, les gens se sont sentis concernés, et cela va influencer leurs façons de consommer.
- Le système en théorie ne crée pas de taxes supplémentaires, ce qui est suffisamment rare pour etre souligné.
- Le principe du pollueur payeur a été retenu, ce qui reste juste.
DES ERREURS DE DIAGNOSTIC

De nombreuses études le montrent, la France fait partie du peleton de tête des pays sensibles à l'écologie. Pour obtenir des résultats significatifs, il fallait donc cibler précisement les causes de notre mal. Dans sa hâte, le Grennelle, dès le départ, a manqué de clairvoyance.
CONFUSION ENTRE GAZ A EFFET DE SERRE ET POLLUTION
Au travers de la large consultation par blog de ses citoyens, il apparaît la plus grande confusion dans la définition de ces termes. Le réchauffement climatique est causé par les gaz à effet de serre, qui sont très majoritairement la vapeur d'eau et le CO2. Ces gaz ne sont pas des polluants, et ne sont pas nocifs pour l'être humain (à dose "normale"). Il est indispensable d'en limiter les émissions, mais s'en servir comme unique norme est une aberration. Le volet des émissions polluantes (NOx, CH, particules fines...) a complètement été laissé de côté. Les effets sont pourtant connus sur notre santé (Asthme, allergies respiratoires) et une réduction de leurs émissions aurait des conséquences immédiates sur la santé.
CONFUSION ENTRE QUALITE DE VIE ET ECOLOGIE
Volontairement ou pas, l'ambiguité entre ces deux notions n'a pas été levée. Le fait de laisser croire qu'une meilleure prise en compte de l'écologie entraîne de facto une meilleure qualité de vie a conduit à prendre des mesures dont l'impact sera faible. L'engagement écologique est au service de la planète, la qualité de vie est au service de l'humain. Ainsi les mesures pour reduire le traffic routier (fin de la contruction des autoroutes, voie "verte" etc...) vont améliorer la qualité de vie des habitants des villes, certe, mais le problème est simplement déplacé en périphérie de nos agglomerations. En orientant sans detour (par des incitations, des recommandations et des règles) les plans d'urbanisme vers l'écologie et non la qualité de vie, les arbitrages auraient permis des gains plus significatifs.
CONCLUSION
On retrouve ainsi l'approche sociale de notre époque : des petits gestes pour la consience et se déculpabiliser, toujours pas de politique globale et cohérente. Heureusement l'ère du pétrole cher finira par nous forcer à trouver les solutions les plus intelligentes...
12:08 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ecologie, automobile, grennelle, réchauffement, climatique, environnement, ecologie


Commentaires
les résultats de Airparif sur la qualité de l'air à paris en 2008 http://www.argusauto.com/actualite-automobile/environnement-auto/Des-niveaux-de-pollution-toujours-préoccupants/index.cfm?action=2&IDRub=7&IDArt=150462
On constante malheureusement les effet nocifs des oxydes d'azote et des particules.
Ecrit par : gaetan09 | 06.03.2009
Erreur de diagnostic ? Je ne comprend pas bien, le réchauffement serait la faute aux Chinois ? ou aux industriels et pas aux déplacements ?
Pour faire simple (mais pas aussi caricatural que ça en à l'air) :
- à ce jour un chinois émet moins de gaz à effet de serre qu'un français,
- à la louche, en France 4 sources d'émissions à peu près égale : l'industrie, le transport, les bâtiments, l'agriculture.
Bref, pas de coupable à accuser. Tous coupables au quotidien dans nos déplacements, nos achats, notre logement, notre assiette et notre travail.
Ok, le CO2 n'est pas dangereux pour la santé humaine. Mais il l'est pour la survie de l'humanité ! On peut donc penser qu'il est plus important de lutter contre le réchauffement climatique et garantir la survie de l'humanité plutôt que d'améliorer la santé à court terme des habitants des grandes villes (désolé, mais c'est bien cela qui est en jeu et pas seulement nos vacances au ski !).
Si vous voulez vous renseigner sur toutes ces questions je vous conseille ce site : www.manicore.com un peu fouillis, mais très riche.
Pour finir : et si la qualité de vie n'avait rien avoir avec les autoroutes ?
Ecrit par : Mathieu | 01.05.2009
@mathieu
Tout d'abord je reconnais un certain parti pris en faveur de l'automobile, et mes connaissances restent limitées... Toutefois je trouve que le debat a été clairement autophobe.
Au niveau du diagnostic, Le Grenelle de l'environement etant franco français, et comme cité les causes sont partagées. Je regrette seulement que les points concernant l'agriculture (la France est un grand pays agricole), l'industrie n'aient pas donné lieu à des mesures aussi spectaculaire que pour l'auto, et même dans les transport l'automobile ne represente que la moitié des emissions, et la aussi je regrette que ces point n'est pas été evoqués. en n'identifiant que l'automobile, on ne cible que 13 % des emissions... Je reste donc convaincu qu'il y avait beaucoup mieux à faire que de créer un bonus - malus pour les voitures ....
Enfin, les autres debats sont plus complexes, et meritent une vrai reflexion, collective et individuelle, voire philosophique...
Ecrit par : gaetan09 | 01.05.2009
Je veux pas te prendre la tête et on peu continuer la discussion hors blog ! J'avais bien perçu le partie pris ! Mais c'est bien la raison d'être de ton blog très sympa. ;o)
Je te rappelle qu'en même que pour les sources industrielles il y a d'autres textes, et très contraignant, tu en as surement entendu parler sous le nom de PNAQ (Plan National d'Allocation des Quotas). Pour l'agriculture, c'est clair que là, il se passe pas grand chose, mais le problème est pour beaucoup dans nos modes alimentaires...
Enfin, tu as raison toutes les émissions des déplacements ne sont pas dans la voiture, il y a aussi les émissions des avions et des poids-lourds. Le moratoire sur les auto-routes et le développement du ferroutage vont dans le bon sens pour les PL. Pour l'avion...ça renvoie à la question des modes de vie...
En fait ce que je veux dire, c'est que même si tu as raison et que tout le problème ne vient pas des voitures et des individus, cela reste une partie du problème à laquelle il faut s'attaquer au même titre qu'aux autres.
Ecrit par : Mathieu | 01.05.2009
Voir ici le classement de l'automobile magazine des voitures les moins polluantes.
http://www.automobile-magazine.fr/actualites/economie_politique/enquete_pollution__1
Ecrit par : gaetan09 | 15.05.2009
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